Colloque international UB

Les frontières du vivant et du non-vivant et l’unité de la nature.

LECTURE CROISEE ORIENT-OCCIDENT

Mercredi 3-Jeudi 4 avril 2019

Centre Georges Chevrier - Sociétés et sensibilitésUMR 7366 - CNRS uB


Dans le prolongement de la journée d’étude organisée en 2017-2018 sur la question de la corporéité, ce colloque vise à interroger plus avant à la fois cette corporéité et une dimension qui le déborde et l’enveloppe : le monde inorganique de la terre et de ses minéraux, du vent, et de la pluie… : s’ils ne sont pas en eux-mêmes organiques, les minéraux, l’oxygène et l’eau sont néanmoins des éléments constitutifs de l’organisme.

 

Deux ordres de phénomènes liés au développement technique de ces dernières années invitent à repenser aujourd’hui la frontière supposée séparer les vivants des non-vivants : la place de plus en plus importante que prennent les robots de compagnie en particulier dans la société japonaise, où les personnes âgées, par exemple, les préfèrent souvent aux animaux de compagnie, et où ils commencent aussi à jouer leur rôle pour faciliter le phénomène du deuil (voir le « Digital Shaman Program »), d’une part, et les recherches médicales dont la création de cyborgs est l’horizon explicite d’autre part. 

Sans le moins du monde cautionner pour autant ces nouvelles possibilités de vie ou, et de recherches, le fait que ces phénomènes brouillent la frontière entre vivant et non-vivant oblige du même coup à repenser notre relation au monde dit inanimé ou inerte. L’objet de ce colloque est d’inscrire l’interrogation relative à cette frontière ou à ces frontières comme à notre relation aux êtres inanimés, à la fois dans le cadre de la pensée extrême orientale dont le monisme exclut une séparation radicale, et dans le cadre plus vaste de la crise écologique actuelle, qui appelle, elle, à réinterroger notre relation à ce que l’on appelle en général « la nature ». 

Pr Jean-Claude Gens